Daily Zohar 5088

192. וּכְשֶׁכָּל זֶה נִשְׁפָּע וְנִמְשָׁךְ לָרָקִיעַ הַזֶּה, אָז הוּא מַשְׁקֶה וּמֵאִיר לְמַטָּה, לִכְבוֹד אֵל הַזֶּה, לַעֲשׂוֹת תּוֹלָדוֹת בִּדְיוֹקַן אוֹתָם הַשָּׁמַיִם שֶׁמְּאִירִים לְאוֹתוֹ כְּבוֹד אֵל. (וְזֶהוּ שֶׁכָּתוּב)
193. וְלַיְלָה לְּלַיְלָה יְחַוֶּה דָּעַת – מַרְכְּבוֹתֶיהָ (זוֹ לְזוֹ) שֶׁהֵן גּוּף הַכִּסֵּא, וְכֻלָּן נִקְרָאוֹת לֵילוֹת, כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (תהלים טז) אַף לֵילוֹת יִסְּרוּנִי כִלְיוֹתָי. מֶרְכָּבָה עֶלְיוֹנָה נִקְרֵאת יָמִים, יוֹם לְיוֹם. מֶרְכָּבָה תַּחְתּוֹנָה נִקְרֵאת לֵילוֹת, לַיְלָה לְּלַיְלָה.
Commentaire de Zion Nefesh:
Traduction par Philippe LombardZohar Terouma
Suite du ZQ 5087
#191
« אֹמֶר » omer), dans le verset « יום ליום יַבִּיעַ אֹמֶר », signifie l’inclusion des lettres et des sentiers :
– les illuminations d’Ima sont appelées « lettres »,
– les illuminations d’Aba sont appelées « sentiers ».
Elles émanent d’Aba et d’Ima ;
et la tête de cela – c’est-à-dire les trois supérieures (ג״ר), appelées « tête » (rosh), qui procèdent d’eux – est le fils premier-né, à savoir Zeir Anpin, appelé le fils premier-né.
Le א de « אמר » fait allusion à Aba. Et lorsqu’il monte et descend – c’est-à-dire lorsqu’il émet la katnut (état de petitesse) d’Ima, dont la lumière monte d’en bas vers en haut, et la gadlut (état de grandeur) d’Ima, dont la lumière descend d’en haut vers le bas — alors le מ de « אמר », qui est Ima, s’unit avec le א.
Le ר de « אמר » fait allusion au fils premier-né, qui est Zeir Anpin.
Lorsque toutes ces lettres s’unissent, elles deviennent « אמר » — c’est-à-dire la lumière d’Aba, d’Ima et du fils premier-né — et elles s’illuminent l’une l’autre dans une seule union. Et elles dominent au jour du Chabbat.
C’est pourquoi tout doit s’inclure l’un dans l’autre afin de devenir un. Car lorsque le niveau intermédiaire de la conscience (Zeir Anpin — les émotions structurées, l’identité vécue) s’élève et se revêt des dimensions supérieures de sagesse et d’intelligence (Aba et Ima — intuition et compréhension profonde), alors il ne reste plus de séparation intérieure.
Cela signifie :
Puisque l’illumination de Hokhmah est attirée d’Ima vers Zeir Anpin, elle doit se faire avec hâte, afin que les klipot n’en tirent pas subsistance.
Et telle est la règle en tout lieu où l’illumination de Hokhmah est attirée. C’est ce que signifie : « Et pour cette raison, celui-ci avec celui-là, etc., afin d’être un. » Car si les klipot en tirent ne serait-ce qu’un peu, ils ne sont plus un, à Dieu ne plaise. Car « un » signifie qu’il n’y a aucune association avec l’Autre Côté.
Notes :
Le Zohar interprète « אֹמֶר » dans le Psaume 19:3 [י֣וֹם לְ֭יוֹם יַבִּ֣יעַֽ אֹ֑מֶר וְלַ֥יְלָה לְּ֝לַ֗יְלָה יְחַוֶּה־דָּֽעַת ] [ Jour à jour fait jaillir la parole, nuit à nuit révèle la connaissance. ]comme la lumière unifiée d’Aba (א), d’Ima (מ) et de Zeir Anpin (ר – le fils premier-né), réalisée par le mouvement dynamique d’ascension (katnut) et de descente (gadlut) de la lumière d’Ima.
Cette union, accomplie avec hâte afin d’empêcher les klipot d’en tirer subsistance, permet aux trois lettres de régner au jour du Shabbat comme une domination complète et unifiée.
La hâte protège la transmission pure de la Hokhmah d’Ima vers Zeir Anpin, garantissant une unité absolue sans aucun mélange ni association avec l’Autre Côté (les klipot), ce qui constitue l’essence de la véritable unité divine du Shabbat.
Version plus psychologique du #191 à ceux que cela intéresse :
Dans « יום ליום יַבִּיעַ אֹמֶר », אֹמֶר ne désigne pas simplement une parole, mais un état d’unification intérieure. Les « sentiers » d’Aba représentent l’intuition première, fulgurante ; les « lettres » d’Ima, la capacité de développer, d’élaborer et de donner forme à cette intuition. De leur rencontre naît une direction consciente — une « tête » — qui se déploie ensuite dans la personnalité vivante, Zeir Anpin.
Le א évoque l’éclair initial de compréhension ; le מ, le processus de maturation où cette lumière monte et descend, se retire et revient, jusqu’à devenir assimilable ; le ר, l’incarnation de cette lumière dans l’affect, la relation et l’action. Lorsque ces trois dimensions cessent d’être dissociées, elles forment un seul mouvement : intuition, compréhension et expression deviennent continuité.
Psychologiquement, cela décrit un moment rare d’intégrité : l’émotion ne réagit plus indépendamment de la lucidité, la pensée n’est plus abstraite, l’action n’est plus séparée de la profondeur intérieure. La conscience vécue s’élève vers sa source et, en retour, la sagesse descend dans la vie concrète. Il n’y a plus de décalage entre ce que l’on perçoit, ce que l’on comprend et ce que l’on est. Tout s’inclut l’un dans l’autre — et l’unité n’est plus une idée, mais un état.
#192
Et lorsque tout cela est attiré et s’écoule vers ce firmament — qui est Yésod de Zeir Anpin — alors il irrigue et illumine en bas, vers cette gloire de אל (El), qui est Malkhout, afin de produire une descendance selon les formes des lumières de ces cieux – à savoir Zeir Anpin – qui illuminent vers cette gloire de אל (El).
Version plus psychologique du #192 à ceux que cela intéresse :
Lorsque l’intuition, la compréhension et l’identité cessent d’être fragmentées et se rassemblent en une cohérence vivante, quelque chose se concentre au centre de l’être : un point de stabilité intérieure, un axe de vérité. Ce centre — lieu de passage entre le haut et le bas — permet alors à la lumière acquise de ne pas rester intérieure, mais de s’écouler vers la vie réelle.
Psychologiquement, cela signifie que ce qui a été compris en profondeur commence à transformer la manière d’exister. La clarté ne flotte plus dans l’esprit ; elle irrigue les choix, les relations, les réactions. Elle descend dans la zone concrète où l’on parle, où l’on agit, où l’on crée.
« Produire une descendance » devient alors l’image d’une fécondité intérieure : de nouveaux comportements, une nouvelle qualité de présence, une façon d’être qui reflète l’unité atteinte. La conscience éclairée illumine la part incarnée de soi ; l’intérieur façonne l’extérieur.
Quand l’unité est réelle, elle engendre.
Quand la lumière est intégrée, elle devient forme.
Et la transformation intérieure cesse d’être une idée — elle devient une réalité vivante.
#193
«וְלַיְלָה לְלַיְלָה יְחַוֶּה דָּעַת»
« Et la nuit révèle la connaissance à nuit» (Psaumes 19:3) – cela fait référence à ses chars, qui constituent le corps du Trône, lequel est Malkhout ; et tous sont appelés « nuits », comme il est dit : « « אַף לֵילוֹת יִסְּרוּנִי כִלְיוֹתָי « Même les nuits instruisent mes reins » (Psaumes 16:7) [ אֲבָרֵ֗ךְ אֶת־יְ֭הֹוָה אֲשֶׁ֣ר יְעָצָ֑נִי אַף־לֵ֝יל֗וֹת יִסְּר֥וּנִי כִלְיוֹתָֽי ] [ « Je bénis YHVH qui me conseille ; même la nuit, mes reins m’instruisent. » ] .
Le char suprême — qui est Zeir Anpin — ses Séphirot sont appelées « jours », « jour à jour ».
Le char inférieur — qui est Malkhout — ses Séphirot sont appelées « nuits », « nuit à nuit ».
Notes :
Le Zohar oppose les deux parties du Psaume 19:3 : « jour à jour » se réfère aux sefirot de Zeir Anpin (le char supérieur, aspect masculin), tandis que « nuit à nuit » se réfère aux sefirot de Le Zohar oppose les deux parties du Psaume 19:3 : « jour à jour » se réfère aux Séphirot de Zeir Anpin (le char supérieur, aspect masculin), tandis que « nuit à nuit » se réfère aux Séphirot de Malkhout (le char inférieur, aspect féminin, corps du Trône).
Malkhout et ses dix Séphirot sont collectivement appelées « nuits » parce qu’elles reçoivent et se manifestent selon le mode caché et réceptif (comme dans : « les nuits instruisent mes reins »).
Au Shabbat, ce verset décrit la déclaration mutuelle : les « jours » de Zeir Anpin illuminent et donnent aux « nuits » de Malkhout, transmettant la connaissance divine (da’at) à travers leur union.
Version plus psychologique du #193 à ceux que cela intéresse :
« Jour à jour fait jaillir la parole, nuit à nuit révèle la connaissance » décrit le rythme profond de la transformation intérieure.
Le jour représente la conscience claire : les prises de conscience, les décisions, les mots que l’on formule, les compréhensions qui surgissent. Chaque lucidité en engendre une autre ; une vérité en appelle une plus vaste. La conscience progresse par éclaircies successives.
Mais aucune compréhension ne devient réelle tant qu’elle n’a pas traversé la nuit.
La nuit est le travail invisible : l’intégration silencieuse, la digestion émotionnelle, l’assimilation inconsciente. Ce que le jour a vu, la nuit l’éprouve ; ce que le jour a nommé, la nuit l’incarne. Là se forme une connaissance plus profonde — non plus pensée, mais vécue.
Si le jour ne descend pas dans la nuit, la personne accumule des idées sans se transformer.
Si la nuit ne reçoit pas la lumière du jour, elle reste confusion et répétition.
Lorsque les deux se répondent, un cycle vivant s’installe : clarté, intériorisation, maturation, nouvelle clarté. La pensée et l’émotion cessent de s’opposer. L’intelligence éclaire le vécu, et le vécu approfondit l’intelligence.
Alors la connaissance n’est plus seulement ce que l’on sait — elle devient ce que l’on est.
