Le Zohar Quotidien # 5089 – Terouma – Et la Nuit Fait Savoir à la Nuit




Daily Zohar 5089

Holy Zohar text. Daily Zohar -5089

194. יְחַוֶּה דָּעַת. יְחַוֶּה – יְחַיֶּה. יְחַיֶּה תוֹלָדוֹת, שֶׁהֵם (בָּהֶם) שָׁמַיִם. וְאִם תֹּאמַר, יְחַוֶּה לֹא יְחַיֶּה – בֹּא וּרְאֵה, כָּתוּב (בראשית ג) וַיִּקְרָא הָאָדָם שֵׁם אִשְׁתּוֹ חַוָּה, כִּי הִיא הָיְתָה אֵם כָּל חַי. חַוָּה וְחַיָּה בְּמִלָה אַחַת עוֹלִים. וְעַל שֶׁהִסְתַּלְּקָה (זֶה הִסְתַּלְּקָה) י’ וְנִכְנְסָה ו’, שֶׁהוּא כָּרָאוּי, שֶׁהֲרֵי ו’ הוּא חַיִּים וַדַּאי, וְעַל זֶה חַוָּה וְחַיָּה, י’ (קְטַנָּה נוֹטֶלֶת) נוֹטֶלֶת חַיִּים מִו’. אַף כָּאן יְחַוֶּה – יְחַיֶּה.
195. דָּעַת – זֶהוּ סוֹד הַשָּׁמַיִם. מַה שָּׁמַיִם שִׁשָּׁה צְדָדִים, אַף כָּאן שִׁשָּׁה צְדָדִים בְּאוֹתָן תּוֹלָדוֹת שֶׁיְּחַיֶּה כְּמוֹ שֶׁלּוֹ. וְלָכֵן יוֹם לְיוֹם נִכְלָל בְּדַרְגָּה עֶלְיוֹנָה – אֹמֶ »ר. וְלַיְלָה לְּלַיְלָה – בְּסוֹד שֶׁל הַזָּכָר שֶׁמֵּאִיר לָהּ, שֶׁהוּא שְׁמוֹ (שָׁמַיִם), דַּעַת.


Commentaire de Zion Nefesh:

Traduction par Philippe Lombard

Zohar Terouma
Suite du ZQ 5089

#194

« יְחַוֶּה דֵּעוֹת » – « révèle la connaissance »

«יְחַוֶּה » signifie « יְחַיֶּה » — « il donnera vie », c’est-à-dire qu’il donnera vie à une descendance à partir des lumières qu’il a reçues de ces cieux.

Et si tu dis que « יְחַוֶּה » ne signifie pas « יְחַיֶּה », viens et vois :
« וַיִּקְרָא הָאָדָם שֵׁם אִשְׁתּוֹ חַוָּה כִּי הִוא הָיְתָה אֵם כָּל־חָי »
« L’homme appela le nom de sa femme Hava (Ève), car elle fut la mère de tout vivant » (Genèse 3:20) [ וַיִּקְרָ֧א הָֽאָדָ֛ם שֵׁ֥ם אִשְׁתּ֖וֹ חַוָּ֑ה כִּ֛י הִ֥וא הָֽיְתָ֖ה אֵ֥ם כׇּל־חָֽי].

Voici que Hava (חוה) et Chaya (חיה) s’élèvent vers une même notion : le י (Yod) est retiré de Chaya, et un ו (Vav) entre à sa place — ce qui est approprié, car le ו est assurément vie, puisque le ו fait allusion à Zeir Anpin, qui est l’Arbre de Vie.

C’est pourquoi Hava et Chaya : Hava est l’essentiel, car le י de Chaya reçoit la vie du ו de Hava.

Et c’est pourquoi elle est appelée Hava, et non Chaya.

De même ici, « יְחַוֶּה » signifie « יְחַיֶּה » — « il donne vie ».

Notes :
Le Zohar interprète « יְחַוֶּה דֵּעוֹת » (Psaumes 19:3) comme désignant Malkhout (le char inférieur des « nuits ») donnant vie (« יְחַיֶּה ») à une descendance à partir des lumières reçues de Zeir Anpin (« les cieux » / « les jours »).

Cela est mis en parallèle avec le nom Hava (Ève) : le passage de Chaya (חיה, avec un י) à Hava (חוה, avec un ו) montre que le féminin (Malkhout / Hava) reçoit la véritable vie du ו de Zeir Anpin (l’Arbre de Vie), faisant d’elle la mère essentielle qui enfante et soutient tout vivant.

Au Chabbat, Malkhout vivifie ainsi une progéniture spirituelle par la lumière Divine qu’elle reçoit d’en haut.

#195

«דַּעַת» dans le verset « לַיְלָה לְלַיְלָה יְחַוֶּה דָּעַת » c’est le secret des cieux, c’est-à-dire Zeir Anpin.

De même que les cieux possèdent six extrémités (ו קצוות, Vav-Ketzavot), ainsi ici il donne nuit à nuit — six extrémités dans cette descendance à laquelle la nuit donne vie, lesquelles correspondent aux six directions / extrémités de Zeir Anpin.

C’est pourquoi « jour à jour » est inclus dans le degré Céleste « אמר », qui est Aba et Ima, comme expliqué plus haut.

Et « nuit à nuit » est inclus dans le degré Céleste selon le secret du mâle qui l’illumine, lequel est les cieux et Da’at — c’est-à-dire Zeir Anpin.

Notes
Le Zohar identifie « דַּעַת » dans le Psaume 19:3 comme le secret de Zeir Anpin (« les cieux »), qui possède six extrémités (les six Séphirot inférieures, de Hessed à Yésod).

Au Shabbat, Zeir Anpin transmet ces six directions (« nuit à nuit ») à la descendance de Malkhout — les fruits spirituels qu’elle vivifie — reflétant sa propre structure des Vav-Ketzavot.

« Jour à jour » englobe Aba et Ima (le degré suprême appelé אמר), tandis que « nuit à nuit » procède de Zeir Anpin (l’aspect masculin illuminant, les cieux / Da’at) vers Malkhout, lui permettant de recevoir et de manifester en bas la structure divine complète.

Version psychologique de l’ensemble :

Le texte décrit un processus complet de transformation intérieure. « Jour à jour » représente la conscience active — les structures émotionnelles et la lucidité organisée — qui se clarifient et s’illuminent mutuellement. « Nuit à nuit » désigne la profondeur réceptive de l’être, là où ce qui a été compris descend, s’assimile et devient connaissance vécue.

Les « six extrémités » symbolisent une personnalité émotionnellement structurée : expansion et retenue, harmonie et persévérance, réceptivité et intégration. Lorsque ces dimensions s’équilibrent, la lumière intérieure circule sans fragmentation. La conscience (Zeir Anpin) transmet alors sa cohérence à la part réceptive (Malkhout), qui donne naissance à une « descendance » — non pas seulement biologique, mais existentielle : nouveaux comportements, nouvelle qualité de présence, nouvelle manière d’aimer et d’agir.

Da’at est ce point d’unité où pensée et émotion cessent d’être séparées. Le Chabbat figure cet état où intuition, compréhension, structure émotionnelle et manifestation concrète ne sont plus dissociées. La lumière descend sans être altérée, l’inconscient l’intègre sans la déformer, et l’être devient cohérent.

Ce passage décrit ainsi une architecture de l’unité intérieure : voir, intégrer, structurer, incarner — jusqu’à ce que la connaissance ne soit plus seulement comprise, mais vécue.