Le Zohar Quotidien # 5110 – Vayikra – Les Eaux de Noé




Daily Zohar 5110

Holy Zohar text. Daily Zohar -5110

229. שֶׁאָמַר רַב הַמְנוּנָא סָבָא, אֻמּוֹת עוֹבְדֵי עֲבוֹדָה זָרָה, טֶרֶם שֶׁנִּמּוֹלוּ שְׁרוּיִים הֵם בִּכְתָרִים תַּחְתּוֹנִים שֶׁאֵינָם קְדוֹשִׁים, וְרוּחַ טֻמְאָה שׁוֹרָה עֲלֵיהֶם. כֵּיוָן שֶׁהִתְגַּיְּרוּ וְנִמּוֹלוּ, הֵם שׁוֹרִים בַּכֶּתֶר הַקָּדוֹשׁ (שֶׁל הַשְּׁכִינָה) שֶׁשּׁוֹרֶה עַל שְׁאָר הַכְּתָרִים הַתַּחְתּוֹנִים, וְרוּחַ קְדוֹשָׁה שׁוֹרָה עֲלֵיהֶם. אֲבָל יִשְׂרָאֵל, קְדוֹשִׁים בְּנֵי קְדוֹשִׁים שֶׁל גְּזָעִים וְשָׁרָשִׁים, וְהִתְבַּשְּׂמוּ בְּהַר סִינַי, וְנִכְנְסוּ לָאֱמוּנָה הַשְּׁלֵמָה הַקְּדוֹשָׁה בְּשָׁעָה שֶׁנִּמּוֹלִים, הֵם שׁוֹרִים בַּכֹּל, שֶׁכָּתוּב (דברים ד) וְאַתֶּם הַדְּבֵקִים בַּה’ אֱלֹהֵיכֶם חַיִּים כֻּלְּכֶם הַיּוֹם.
230. וְהָיָה כִּי יֶחֱטָא וְאָשֵׁם וְהֵשִׁיב אֶת הַגְּזֵלָה וְגוֹ’. רַבִּי יוֹסֵי אָמַר, (ישעיה נד) כִּי מֵי נֹחַ זֹאת לִי אֲשֶׁר נִשְׁבַּעְתִּי מֵעֲבֹר מֵי נֹחַ. הַפָּסוּק הַזֶּה קָשֶׁה, כָּתוּב (בראשית ז) וּמֵי הַמַבּוּל הָיוּ עַל הָאָרֶץ, וְכָתוּב (שם ט) וְלֹא יִכָּרֵת כָּל בָּשָׂר עוֹד מִמֵּי הַמַּבּוּל. כָּתוּב מֵי הַמַּבּוּל, וְלֹא מֵי נֹחַ, וְכָאן כָּתוּב כִּימֵי נֹחַ זֹאת לִי. זֹאת לִי?! הֵם לִי הָיָה צָרִיךְ לִהְיוֹת!


Commentaire de Zion Nefesh:

Traduction par Philippe Lombard

Zohar Vayikra
Suite du ZQ 5109

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#229

Rabbi Hamnouna Saba dit : « Les nations du monde (עכו״ם), avant d’être circoncises, résident dans les couronnes inférieures qui ne sont pas saintes, et un esprit d’impureté repose sur elles.

« Lorsqu’elles se convertissent et sont circoncises, elles résident dans la couronne sainte qui repose sur les autres couronnes inférieures — qui est Malkhout — et un esprit saint repose sur elles.

« Mais Israël est saint, enfants de saints dans leur tige et leur racine, et ils furent sanctifiés au mont Sinaï, et ils entrèrent dans une foi sainte parfaite.

« À l’heure où ils sont circoncis, ils résident en tout, c’est-à-dire en Zeir Anpin et en Malkhout, qui sont appelés jour et nuit. »

Comme il est écrit :

« וְאַתֶּם הַדְּבֵקִים בַּיהוָה אֱלֹהֵיכֶם
חַיִּים כֻּלְּכֶם הַיּוֹם »

« Et vous qui vous attachez à YHVH votre Dieu,
vous êtes vivants, vous tous, aujourd’hui »
(Deutéronome 4:4).

Notes :
Rabbi Hamnouna Saba met en contraste l’état spirituel avant et après la conversion : Les nations, au départ, résident sous des couronnes inférieures impures, avec un esprit d’impureté (טומאה, toumah).

Par la conversion et la circoncision, elles s’élèvent vers Malkhout (la couronne sainte qui domine les inférieures), reçoivent un esprit saint et deviennent ger tsédek.

Israël, en revanche, provient d’une racine sainte, purifiée au mont Sinaï, et entre dans une foi parfaite.

Au moment de la circoncision, ils s’unissent pleinement à la fois à :
• Zeir Anpin (jour / Hessed)
• et Malkhout (nuit / din adouci),

atteignant une plénitude complète – le secret de « jour et nuit ».

Le verset :

«וְאַתֶּם הַדְּבֵקִים בַּיהוָה אֱלֹהֵיכֶם
חַיִּים כֻּלְּכֶם הַיּוֹם »

« Et vous qui vous attachez à YHVH votre Dieu,
vous êtes tous vivants, aujourd’hui »

affirme la force de vie inhérente et éternelle d’Israël, issue de cette adhésion complète à la structure Divine masculin-féminin, au-delà de l’élévation partielle des convertis.

Cela met en lumière le mérite unique de la racine d’âme d’Israël, tout en affirmant la sainteté transformatrice atteinte par les convertis justes en Malkhout.

#230

« Et il arrivera que s’il faute et devient coupable, il devra restituer ce qu’il a volé », etc. Lévitique 5:23) [וְהָיָה֮ כִּֽי־יֶחֱטָ֣א וְאָשֵׁם֒ וְהֵשִׁ֨יב אֶת־הַגְּזֵלָ֜ה אֲשֶׁ֣ר גָּזָ֗ל א֤וֹ אֶת־הָעֹ֙שֶׁק֙ אֲשֶׁ֣ר עָשָׁ֔ק א֚וֹ אֶת־הַפִּקָּד֔וֹן אֲשֶׁ֥ר הׇפְקַ֖ד אִתּ֑וֹ א֥וֹ אֶת־הָאֲבֵדָ֖ה אֲשֶׁ֥ר מָצָֽא ] [ Et il arrivera que s’il faute et devient coupable, il restituera l’objet volé qu’il a pris, ou la chose obtenue par extorsion, ou le dépôt qui lui a été confié, ou l’objet perdu qu’il a trouvé.]
Rabbi Yossi dit :« כִּי מֵי נֹחַ זֹאת לִי אֲשֶׁר נִשְׁבַּעְתִּי מֵעֲבוֹר מֵי נֹחַ עוֹד עַל הָאָרֶץ » « Car ceci est pour Moi comme les eaux de Noé, lorsque J’ai juré que les eaux de Noé ne passeraient plus sur la terre » (Esaïe 54:9).[ כִּֽי־מֵ֥י נֹ֙חַ֙ זֹ֣את לִ֔י אֲשֶׁ֣ר נִשְׁבַּ֗עְתִּי מֵעֲבֹ֥ר מֵי־נֹ֛חַ ע֖וֹד עַל־הָאָ֑רֶץ כֵּ֥ן נִשְׁבַּ֛עְתִּי מִקְּצֹ֥ף עָלַ֖יִךְ וּמִגְּעׇר־בָּֽךְ ] [ Car ceci est pour Moi comme les eaux de Noaḥ, lorsque J’ai juré que les eaux de Noaḥ ne passeraient plus sur la terre ; ainsi J’ai juré de ne plus m’irriter contre toi, ni de te réprimander.]
Ce verset est difficile, car il est écrit :« וּמֵי הַמַּבּוּל הָיוּ עַל הָאָרֶץ » « Et les eaux du déluge furent sur la terre » (Genèse 7:10) [וַיְהִ֖י לְשִׁבְעַ֣ת הַיָּמִ֑ים וּמֵ֣י הַמַּבּ֔וּל הָי֖וּ עַל־הָאָֽרֶץ] [Et il arriva, après sept jours, que les eaux du déluge furent sur la terre.], et :«וְלֹא יִכָּרֵת כָּל בָּשָׂר עוֹד מִמֵּי הַמַּבּוּל »
« Et toute chair ne sera plus jamais retranchée par les eaux du déluge » (Genèse 9:11) [ וַהֲקִמֹתִ֤י אֶת־בְּרִיתִי֙ אִתְּכֶ֔ם וְלֹֽא־יִכָּרֵ֧ת כׇּל־בָּשָׂ֛ר ע֖וֹד מִמֵּ֣י הַמַּבּ֑וּל וְלֹֽא־יִהְיֶ֥ה ע֛וֹד מַבּ֖וּל לְשַׁחֵ֥ת הָאָֽרֶץ ] [ J’établirai Mon alliance avec vous : toute chair ne sera plus jamais retranchée par les eaux du déluge et il n’y aura plus de déluge pour détruire la terre.].
Or, là-bas il est dit « les eaux du déluge », et non « les eaux de Noé ». Et pourtant ici, il est dit « les eaux de Noé ». De plus, il aurait dû être écrit simplement « ceci est pour Moi », mais il est écrit « ceci — pour Moi » (זֹאת לִי), comme pour souligner « ceci, précisément, pour Moi ».

Notes :
Rabbi Yossi soulève deux difficultés textuelles dans Isaïe 54:9 :
Premièrement, pourquoi le verset appelle-t-il le déluge « מי נח » (les eaux de Noé), alors que la Torah les désigne constamment comme « מי המבול » (les eaux du déluge) ?

Deuxièmement, pourquoi la formulation inhabituelle « זאת לי » (« ceci — pour Moi ») au lieu de simplement « זאת » ou « לי זאת » ? Ces questions ouvrent la voie à une interprétation kabbalistique plus profonde :

Les « eaux de Noé » font allusion à une rectification spirituelle spécifique, liée au mérite de Noé et à l’alliance établie après le déluge.

Le passage de « déluge » à « Noé» indique une dimension personnelle et d’alliance : les eaux ont été adoucies et liées par un serment Divin grâce à la justice de Noé, transformant un jugement global en une promesse éternelle de miséricorde.

L’expression accentuée « זאת לי » souligne que ce serment est intimement lié à l’engagement Divin personnel, garantissant la préservation de la création pour toujours. Cela renvoie au Brit, où la miséricorde (Hessed) vient surmonter le jugement (din), établissant une alliance durable, même après la manifestation du déluge.