Le Zohar Quotidien # 5090 – Terouma – Et leurs Paroles Atteignent les Confins du Monde




Daily Zohar 5090

Holy Zohar text. Daily Zohar -5090

196. וּמִשּׁוּם שֶׁאֹמֶר הַזֶּה הוּא סוֹד עֶלְיוֹן, וְלֹא כִשְׁאָר הָאֲמִירוֹת, חָזַר עָלָיו הַפָּסוּק וְאָמַר, אֵין אֹמֶר וְאֵין דְּבָרִים, כִּשְׁאָר אֲמִירוֹת הָעוֹלָם. אֶלָּא הָאֹמֶר הַזֶּה הוּא סוֹד עֶלְיוֹן בִּדְרָגוֹת עֶלְיוֹנוֹת, שֶׁאֵין שָׁם אֲמִירוֹת וּדְבָרִים, וְלֹא נִשְׁמְעוּ כִּשְׁאָר הַדְּרָגוֹת שֶׁהֵן סוֹד הָאֱמוּנָה, שֶׁהֵן קוֹל שֶׁנִּשְׁמָע. אֲבָל אֵלֶּה לֹא נִשְׁמְעוּ לְעוֹלָמִים, וְזֶהוּ שֶׁכָּתוּב בְּלִי נִשְׁמָע קוֹלָם.
197. אֲבָל בְּכָל הָאָרֶץ יָצָא קַוָּם, אַף עַל גַּב שֶׁהֵם נִסְתָּרִים עֶלְיוֹנִים שֶׁלֹּא נוֹדְעוּ לְעוֹלָמִים, הַשֶּׁפַע וְהַמְּשִׁיכָה שֶׁלָּהֶם נִמְשָׁךְ וְשׁוֹפֵעַ לְמַטָּה. וּמִשּׁוּם אוֹתָהּ מְשִׁיכָה יֵשׁ לָנוּ אֱמוּנָה שְׁלֵמָה בָּעוֹלָם הַזֶּה, וְכָל בְּנֵי הָעוֹלָם מְדַבְּרִים סוֹד אֱמוּנוֹת הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּאוֹתָן דְּרָגוֹת כְּאִלּוּ נִתְגַּלּוּ וְלֹא הָיוּ נִסְתָּרִים וּגְנוּזִים. וְזֶהוּ וּבִקְצֵה תֵבֵל מִלֵּיהֶם – מֵרֹאשׁ הָעוֹלָם עַד סוֹף הָעוֹלָם מְדַבְּרִים אוֹתָם חַכְמֵי הַלֵּב בְּאוֹתָן דְּרָגוֹת גְּנוּזוֹת, אַף עַל גַּב שֶׁלֹּא נוֹדְעוּ.


Commentaire de Zion Nefesh:

Traduction par Philippe Lombard

Zohar Terouma
Suite du ZQ 5089

#196

Et parce que cet אמר est un secret suprême — c’est-à-dire Aba et Ima — et qu’il n’est pas semblable aux autres paroles, le verset y revient et dit :
«אֵין אֹמֶר וְאֵין דְּבָרִים»
« Il n’y a ni parole ni discours » (Psaumes 19:4) [ אֵֽין־אֹ֭מֶר וְאֵ֣ין דְּבָרִ֑ים בְּ֝לִ֗י נִשְׁמָ֥ע קוֹלָֽם ] [ « Il n’y a ni parole ni discours ;
leur voix n’est pas entendue. »], non pas comme les paroles du monde ; mais cet אמר est un secret Céleste dans les degrés supérieurs, où il n’y a ni paroles ni discours.

C’est-à-dire : Hokhmah y est dissimulée et ne brille pas, car l’illumination de Hokhmah est appelée « la parole » (dibour), et ils ne sont pas entendus comme dans les autres degrés qui relèvent du secret de l’Emunah, qui est Malkhout, où ils constituent une voix qui est entendue — c’est-à-dire que Hokhmah y est révélée.

Mais ceux-ci — אמ״ר, qui sont Aba et Ima — ne sont jamais entendus.

Et c’est ce qui est écrit :
«בְּלִי נִשְׁמָע קוֹלָם»
« leur voix n’est pas entendue» (Psaumes 19:4).

Son sens est que Hokhmah y est dissimulée et n’est pas entendue, car Hokhmah n’est révélée que dans Malkhout seule.

Notes :

Le Zohar explique « אֵין אֹמֶר וְאֵין דְּבָרִים בְּלִי נִשְׁמָע קוֹלָם » (Psaumes 19:4) comme se référant au אמר Céleste d’Aba et Ima : contrairement aux degrés inférieurs où Hokhmah (la sagesse) se manifeste sous forme de « parole » audible et de révélation (particulièrement en Malkhout / Emunah, où une voix est entendue), dans Aba et Ima, Hokhmah demeure entièrement dissimulée et silencieuse.

Aucune voix ni aucun dibour n’émanent directement d’eux ; la révélation de Hokhmah ne se produit que par l’intermédiaire de Malkhout.

Cela souligne la nature cachée, au-delà de toute description, de l’intellect Divin suprême au jour du Shabbat, en contraste avec sa manifestation audible dans les degrés inférieurs.

#197

«בְּכָל הָאָרֶץ יָצָא קַוָּם» leur ligne s’est étendue sur toute la terre – bien qu’il s’agisse d’Aba et d’Ima, les supérieurs cachés qui n’ont jamais été connus dans le monde – c’est-à-dire que Hokhmah n’est pas révélée en eux – néanmoins leur flux et leur épanchement se prolongent et se déversent en bas, vers Malkhout qui est appelée « ארץ » (« terre »).

Autrement dit, Hokhmah dissimulée en eux est attirée vers Malkhout.

Et par cette attirance, nous possédons une foi parfaite (אֱמוּנָה שְׁלֵמָה, emuna chelema) dans ce monde – c’est-à-dire Malkhout illuminée par Hokhmah, laquelle est appelée foi parfaite.
Et tous les habitants du monde parlent du secret de la foi du Très-Saint, Béni Soit-Il – Malkhout – dans ces degrés, c’est-à-dire dans Hokhmah des degrés d’Aba et d’Ima, comme si elle était révélée même là-haut en Aba et Ima, et n’était pas cachée ni dissimulée en eux.

Et c’est là le sens de :

«וּבִקְצֵה תֵבֵל מִלֵּיהֶם»
« et leurs paroles jusqu’à l’extrémité du monde » (Psaumes 19:5) [בְּכׇל־הָאָ֨רֶץ ׀ יָ֘צָ֤א קַוָּ֗ם וּבִקְצֵ֣ה תֵ֭בֵל מִלֵּיהֶ֑ם לַ֝שֶּׁ֗מֶשׁ שָֽׂם־אֹ֥הֶל בָּהֶֽם ] [ « Par toute la terre s’étend leur ligne, et jusqu’aux confins du monde leurs paroles ; pour le soleil Il (Dieu) a dressé une tente parmi eux. » ] – depuis le commencement du monde jusqu’à sa fin, les sages de cœur parlent de ces degrés cachés, bien qu’ils ne soient pas connus en leur lieu, en Aba et Ima ; car en Malkhout ils sont révélés.

Comme expliqué.

Notes :

Le Zohar interprète « בְּכָל־הָאָרֶץ יָצָא קַוָּם » (Psaumes 19:5) comme l’écoulement de la Hokhmah dissimulée depuis Aba et Ima (cachés et silencieux en haut) vers Malkhout (« la terre »).

Cette transmission rend possible une foi parfaite (emunah chelema) dans le monde — c’est-à-dire Malkhout illuminée par la Hokhmah suprême.

Ainsi, bien que Hokhmah demeure non révélée à sa source, elle se manifeste et est ouvertement exprimée en Malkhout à travers tout le temps et l’espace (« jusqu’à l’extrémité du monde »), permettant aux sages d’en parler et d’expérimenter ces secrets les plus élevés comme révélés en bas.

Traduction psychologique :

Le premier texte décrit la sagesse à son origine : silencieuse, sans mots, sans voix. Les compréhensions les plus profondes ne se formulent pas immédiatement ; elles existent comme une clarté intérieure, antérieure au langage. C’est le niveau de l’intuition pure, où la vérité est présente mais encore indicible.

Le second texte décrit le mouvement inverse : cette sagesse cachée descend dans la vie concrète. Ce qui ne pouvait être entendu à sa source devient visible dans l’existence. La lumière silencieuse irrigue la réalité intérieure — pensées, émotions, choix — jusqu’à se manifester « aux confins du monde », c’est-à-dire dans toutes les dimensions de l’être.

Ainsi, la transformation authentique suit un arc précis : silence, maturation, descente, incarnation. La vérité ne commence pas par parler — elle commence par être. Et lorsqu’elle est réellement intégrée, elle rayonne naturellement à travers la vie.

Et lorsqu’elle descend vraiment, la vie elle-même devient son langage.