Zohar Vayikra
Suite du ZQ 5204
#405
Ici aussi, le Très-Saint, Béni soit-Il, dit en Lévitique 4:23 : [הוֹדַע אֵלָיו חַטָּאתוֹ אֲשֶׁר חָטָא] [Fais-lui connaître la faute qu’il a commise.] Et cette interprétation est juste, car il n’est pas écrit : « ou si elle lui fut révélée », comme il est écrit en Exode 21:36 : [אוֹ נוֹדַע כִּי שׁוֹר נַגָּח הוּא] [Ou s’il est connu que le bœuf est un animal qui a l’habitude d’encorner.] Celui qui se lève durant la nuit pour s’adonner à la Torah, c’est la Torah elle-même qui lui fait connaître sa faute, non par le jugement, mais comme une mère qui fait connaître une chose à son fils avec douceur. Ainsi, il ne l’oublie pas et revient dans la Téchouva devant son Maître.
Notes :
Le Zohar enseigne que, pour celui qui étudie la Torah durant la nuit, la révélation de sa faute se fait avec douceur, à l’image d’une mère qui parle tendrement à son enfant, le conduisant naturellement à la Téchouva. Cela diffère des cas ordinaires où la faute est révélée par l’intermédiaire du jugement.
#406
Et si tu dis que David se levait à minuit, pourquoi les jugements se sont-ils éveillés contre lui afin de lui rappeler son iniquité ? Et il répond : David est différent, car il a fauté précisément dans ce à quoi il était attaché, c’est-à-dire Malkhout, et il avait donc besoin du jugement ; il fut jugé par ce contre quoi il avait fauté. Car il avait fauté envers la sainte Malkhout, à laquelle il était attaché, puisqu’il était sa Merkabah, ainsi qu’envers la sainte Jérusalem, qui correspond à Malkhout. C’est pourquoi il fut chassé de Jérusalem et la royauté lui fut retirée, jusqu’à ce qu’il soit rectifié et qu’il accomplisse la Téchouva comme il convenait.
Notes :
Le cas de David est unique, parce que sa faute a touché Malkhout, à laquelle il était profondément uni en tant que Merkabah. Le jugement était donc nécessaire, entraînant pour un temps la perte de Jérusalem et de la royauté, jusqu’à ce que sa Téchouva complète le rétablisse.
Rabbi Shimon pose ensuite la question : qui amène le pécheur à connaître sa faute ? Le Zohar répond que lorsqu’un homme faute sans revenir dans la Téchouva, son âme elle-même s’élève et témoigne devant le Très-Saint, Béni soit-Il. Alors le Très-Saint ordonne à la Shékina, Knesset Yisrael, de révéler à cet homme sa faute en suscitant des événements ou des jugements destinés à l’éveiller à la Téchouva.
Le Zohar ajoute ensuite un enseignement encore plus intime : celui qui se lève durant la nuit pour étudier la Torah voit sa faute révélée par la Torah elle-même, comme une mère aimante parle doucement à son enfant afin qu’il revienne de lui-même à la Téchouva.
Il s’agit de l’une des affirmations les plus claires du Zohar selon lesquelles Hashem, dans Sa miséricorde, ne se contente pas de punir l’homme pour sa faute. Il cherche d’abord à éveiller sa conscience et à le ramener par la Téchouva.
Le Zohar explique que la Mitzva : « הוֹכֵחַ תּוֹכִיחַ אֶת עֲמִיתֶךָ » (Kedoshim) signifie que le Très-Saint reprend d’abord l’homme en privé, parce qu’Il l’aime. Ce n’est que si celui-ci refuse de répondre à cet appel que la réprimande devient plus manifeste ou plus sévère. Son but demeure toujours de conduire l’homme à la Téchouva, et non de l’humilier.
La progression décrite est la suivante : d’abord un éveil intérieur plein de douceur ; puis des signes discrets ; ensuite des épreuves ou des événements de la vie qui invitent à l’examen de soi ; enfin, si cela devient nécessaire, des mesures plus fortes.
Le Zohar explique que lorsqu’un homme ignore sa faute, « son âme elle-même s’élève et témoigne devant le Très-Saint, Béni soit-Il ». Cette idée est profonde. L’« accusateur » n’est pas d’abord une force extérieure, mais la propre Neshamah de l’homme, qui ne peut supporter d’être séparée de sa Source Divine. L’âme aspire à retrouver sa pureté et devient ainsi le premier moteur de l’éveil intérieur.
Rabbi Haïm Vital, transmettant les enseignements du Ari, souligne à plusieurs reprises que la Providence Divine conduit les pensées et les expériences de l’homme vers la Téchouva. Les souvenirs soudains de fautes passées, les sentiments de remords pendant la prière ou les moments de profonde introspection sont souvent compris comme des occasions accordées d’en haut. Le but n’est jamais le désespoir, mais le Tikoun, la rectification et le retour.
Selon le Zohar, lorsqu’une faute oubliée revient soudain à l’esprit pendant la prière, l’étude de la Torah ou dans le silence de la nuit, il ne faut pas la rejeter aussitôt comme un simple phénomène psychologique. Il se peut qu’elle soit un don venu du Ciel, une invitation de Hashem à achever une réparation spirituelle tant que cette possibilité demeure ouverte.
Cette compréhension transforme le regret en espérance. Le souvenir lui-même est une expression de la miséricorde Divine. Hashem ne rappelle pas la faute pour condamner l’homme, mais pour lui offrir le privilège de la confesser, de réparer ce qui peut l’être et de revenir vers Lui. Comme l’enseigne le Zohar, la Torah elle-même peut devenir semblable à une mère pleine de compassion, révélant avec douceur ce qui doit être rectifié afin que l’âme retourne à sa Source.
